Théâtre de la Maison du Peuple - Ville de Millau : Un patrimoine

Un patrimoine

La Maison du Peuple

La Maison du Peuple est élevée dès 1903, à l’emplacement de l’ancien jardin de l’hôtel de Pégayrolles, devenu le musée de Millau, en limite des anciennes fortifications de la ville.

Son projet de construction est présenté au Conseil municipal par Frédéric Bompaire en novembre 1902, deux ans avant qu’il ne devienne maire de Millau. Il s'agit alors pour lui de créer dans la ville « un établissement social destiné à tous les groupements ouvriers, à toutes les associations ou corporations syndicales ou mutualistes » [...], « un établissement [...] que nous appellerions comme on l'a fait ailleurs […] la Maison du Peuple ».

Parallèlement, des citoyens pensent à créer une université populaire. C’est ainsi qu’en juillet 1904 s’achève le bâtiment fait de pierre, d’acier et de verre. Si son originalité se fonde sur le regroupement, dans ce même édifice, de la Maison du Peuple, de l'Université populaire et la Bourse du travail, le choix de la façade, néo-classique fait référence à la démocratie grecque. L'ordre dorique lui confère en effet solidité et gravité, en accord avec le propos de la salle de réunion des mouvements syndicalistes et mutualistes et de l'Université populaire. 

Mais à cette date, la faiblesse des ressources de la ville et la crise qui touche les industries locales font reporter, voire annuler, son inauguration. Les groupements ouvriers, syndicats ou mutualistes, prennent alors possession de leurs locaux en octobre.

La Maison du Peuple devient bientôt un haut lieu de la vie ouvrière : les grandes manifestations se rassemblent devant sa façade, des réunions se tiennent dans la grande salle tandis que les "ruelles" qui la séparent des corps latéraux sont occupées par les barbiers et les cuisines communistes lors de la grève des gantiers de 1913-1914.

La grande salle est ensuite transformée en théâtre, sa vocation actuelle, une trentaine d’années après sa construction, les ailes latérales restant occupées par les syndicats.

Puis, moins de cent ans après sa construction, la nécessité de moderniser la Maison du Peuple s’impose.

Le nouveau théâtre de la Maison du Peuple est ainsi inauguré en octobre 2006. Œuvre de l’architecte aveyronnais Jean-Louis Michel, il accueille désormais 496 places. Contemporain, le bâtiment allie la pierre, le métal, le verre, ou les matériaux les plus actuels tels que les fibres optiques en décor de résille destinés à l’éclairage. Si le bombement de cuivre de sa couverture rappelle le profil de la Pouncho d’Agast qui domine la ville, la façade néo-antique initiale est conservée, comme souvenir de la mémoire ouvrière de Millau intégrant le bâtiment tant dans le paysage que dans l’histoire. Et dorénavant, l’entrée se fait rue Pasteur, à quelques pas de la place Foch, le centre historique de la ville.

L'édifice initial, signé par l’architecte communal Etienne Lacure, se compose de trois corps de bâtiments séparés par deux "couloirs" ou "ruelles" clos de portails : le corps principal, au centre, correspond à la salle de réunion, la Maison du Peuple proprement dite, les pavillons latéraux à la Bourse du Travail, à gauche, à la Mutualité, à droite. 

L'élévation du bâtiment principal, à un seul niveau, est rythmée par cinq grandes baies couvertes en plein cintre ; la corniche est surmontée par une balustrade. L'accent est mis sur les trois travées centrales avec un avant-corps à quatre colonnes doriques portant une architrave surmontée d'un fronton triangulaire où figure le blason de la Ville, œuvre du sculpteur Lautier.

Vue des loges et de la scène, illustrant les travaux des années 1930. Document inédit (Archives Municipales de Millau).

Extrait du plan de Millau réalisé au milieu du XVIIIe siècle (Archives Municipales de Millau)

[Légende du plan : 1 – La grande place ; 2 – église Notre-Dame de l’Espinasse ; 3 – cimetière ; 4 – le prieuré ; 5 - la maison des pères de Saint-Antoine]